Le Mans. Les chercheurs de l'université du Maine roulent sur Paris
Des chercheurs de l’Université du Maine se sont élancés ce week-end en vélo pour participer à « Sciences en marche ».
Cette manifestation de l’enseignement supérieur rassemble des enseignants-chercheurs de tout le pays, partant chacuns de leur ville respective pour se rejoindre finalement à Paris.
Rachid El Guerjouma, le président de l’Université du Maine, est déterminé à faire entendre leur cause : « La situation est grave, la recherche en France est sous pression. Les laboratoires avaient des crédits réguliers qui sont aujourd’hui réduits et menacés, les facultés sont en déficit financier et donc en manque d’effectifs d’enseignants-chercheurs.
Nous devrions avoir théoriquement 160 chercheurs de plus que nous en comptons actuellement, mais le financement de l’état ne nous le permet pas malgré le nombre croissant d’étudiants arrivant chaque année. De plus les jeunes sortants de thèses n’obtiennent la plupart du temps que des CDD en université, ce qui les fait se réorienter dans le privé ».
Servet Ertul, enseignant-chercheur en sociologie rappelle que cette situation est propre à la France : « Aux Etats-Unis, les chercheurs pour la recherche fondamentale (qui n’a pas de finalité économique), travaillent dans un cadre bien meilleur. Ils ont même financé des chercheurs français tels que Foucault et Derrida, puisque ces derniers n’avaient pas l’intérêt mérité dans notre pays. ».
Les manifestants arriveront finalement à Paris, le 17 octobre, avec plus de 350 chercheurs. Aujourd’hui en France, les financements s’orientent plus vers les résultats de recherche utiles à la société française ou à l’entreprise. La France a un potentiel scientifique mal exploité, la recherche comme l’enseignement supérieur sont en danger, et c’est ce que nous voulons communiquer aux habitants des villes que nous traversons.
Les manifestants arriveront finalement à Paris, le 17 octobre, avec plus de 350 chercheurs.